« Au cours de mes huit années à accompagner des chercheurs et des étudiants, j’ai constaté une réalité immuable : la structure rigoureuse d’un article scientifique n’étouffe pas la créativité intellectuelle, au contraire elle la canalise. C’est l’architecture IMRaD, combinée à une transparence totale sur les données et les méthodes, qui transforme une simple observation en contribution durable à la littérature scientifique. » – Aline, Responsable du pôle rédactionnel chez Prorédaction
Qu'est-ce qu'un article scientifique ?
Un article scientifique est une publication évaluée par les pairs qui présente des résultats de recherche originaux ou une synthèse rigoureuse de données existantes. Contrairement à la vulgarisation, il s’adresse aux chercheurs et suit des normes strictes : format IMRaD (Introduction, Méthodes, Résultats, Discussion), résumé structuré, bibliographie complète, déclaration d’éthique et plan de gestion des données.
Pour illustrer concrètement ces standards, nous proposons dans ce guide un exemple complet d’article scientifique au format PDF, prêt à télécharger et à adapter. Ce modèle suit les recommandations du Committee on Publication Ethics (COPE, 2023), de l’International Committee of Medical Journal Editors (ICMJE, 2023) et intègre des annotations détaillées pour chaque section
Références normatives : Pour approfondir les standards éthiques et méthodologiques mentionnés ici, consultez les ressources officielles suivantes :
- COPE (Committee on Publication Ethics)
- ICMJE (International Committee of Medical Journal Editors)
- EQUATOR Network
Ces trois organismes définissent les meilleures pratiques que respectent les revues scientifiques à comité de lecture. En vous y référant dès la conception de votre projet, vous maximisez vos chances d’acceptation et vous contribuez à l’écosystème de la science ouverte.
Télécharger un exemple complet d’article scientifique (Format PDF)
Pour vous accompagner dans la rédaction de votre article de recherche, nous mettons à disposition un modèle complet au format PDF, entièrement annoté et conforme aux standards internationaux de 2026. Ce document comprend :
- Structure IMRaD pré-formatée : Introduction, Méthodes, Résultats, Discussion, Conclusion, avec sous-sections types (objectifs, design d’étude, variables mesurées, analyses statistiques, limites, implications).
- Exemples annotés : Commentaires en marge expliquant chaque choix méthodologique (« Pourquoi mentionner ici le calcul de puissance ? », « Comment présenter un intervalle de confiance à 95 % ? »).
- Page de garde et lettre de soumission : Modèle de cover letter adaptable à différentes revues, avec déclarations d’éthique et de conflits d’intérêts.
- Checklists de conformité : CONSORT pour les essais randomisés, STROBE pour les études observationnelles, PRISMA pour les revues systématiques (téléchargeables séparément sur EQUATOR Network).
- Bibliographie multi-formats : Exemples de références APA 7e édition et MLA 9e édition, avec DOI et URL cliquables.
Téléchargement : Cliquez sur le bouton ci-dessous pour obtenir le fichier PDF (1,2 Mo, optimisé pour impression et lecture sur écran).
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Ce modèle a été conçu en collaboration avec des chercheurs ayant publié dans des revues indexées (Scopus, Web of Science) et reflète les exigences réelles des comités éditoriaux en 2026.
Nos spécialistes en rédaction académique vous accompagnent pour structurer votre article, clarifier votre méthodologie et renforcer la qualité scientifique de votre manuscrit.
La structure type d'un article scientifique
La grande majorité des articles de recherche suivent la structure IMRaD. Celle-ci guide le lecteur du problème initial (Introduction) aux solutions méthodologiques (Méthodes), aux observations factuelles (Résultats), puis à leur interprétation et mise en perspective (Discussion). Chaque section a une fonction précise, ce qui facilite à la fois la rédaction, la lecture rapide et l’évaluation par les pairs.
Cependant, tous les types d’articles ne se plient pas à IMRaD. Les revues systématiques adoptent souvent une structure ARIM (Abstract, Review introduction, Integration methods, Main body) où la section Méthodes détaille les critères de sélection d’études plutôt qu’un protocole expérimental. Les études de cas cliniques privilégient un format CASE (Case presentation, Assessment, Solution, Evaluation) qui commence par la description du cas avant d’en extraire des enseignements généralisables. Enfin, les articles de perspective utilisent une structure plus libre, souvent Problem statement, Evidence review, Speculation, Policy implications, car leur objectif n’est pas de présenter des données originales mais d’ouvrir un débat ou de proposer une synthèse critique.
Alors, pourquoi IMRaD est-il devenu le standard ? Parce qu’il reflète la démarche hypothético-déductive de la méthode scientifique. Pour les chercheurs débutants, respecter scrupuleusement IMRaD est une garantie de clarté. Une fois cette architecture maîtrisée, vous pourrez l’adapter selon les spécificités de votre discipline (par exemple, en sciences humaines et sociales, la section Méthodes peut être fusionnée avec l’Introduction si l’approche est principalement théorique).
Malgré ces variantes, certains éléments restent universels :
- Résumé structuré : même un article de perspective doit offrir un abstract autonome (généralement 150–300 mots) avec objectif, méthode ou approche critique, principaux arguments et conclusion.
- Introduction contextuelle : situer le sujet dans la littérature existante, identifier le problème ou la lacune que l’article comble.
- Section Méthodes (ou équivalent) : pour IMRaD classique, c’est la description détaillée du protocole ; pour une revue, c’est la stratégie de recherche documentaire et les critères d’inclusion/exclusion.
- Résultats (ou corps argumentatif) : présentation factuelle des observations, données, ou arguments centraux.
- Discussion et Conclusion : interprétation, mise en contexte, limites, implications pratiques ou théoriques.
- Références bibliographiques : citations de la littérature primaire et secondaire, permettant la traçabilité intellectuelle.
- Annexes et matériel supplémentaire : depuis 2025, de plus en plus de revues exigent un Data Availability Statement (DAS) indiquant où accéder aux jeux de données bruts, au code d’analyse, ou au protocole complet.
Exemples détaillés pour chaque section d'un article scientifique
Le résumé, ou abstract, est la vitrine de votre article. Souvent seul élément lu par les chercheurs qui parcourent les bases de données, il doit présenter l’étude de manière autonome et complète : objectif, méthodes principales, résultats chiffrés et conclusion. Sa longueur varie généralement entre 150 et 250 mots selon les revues.
Exemple de résumé (abstract) d’article scientifique
- Structure en quatre blocs : Contexte/objectif (1 à 2 phrases), méthodes (design, échantillon, analyses), résultats (chiffres clés avec intervalles de confiance ou valeurs p), conclusion (implication principale).
- Autonomie : Le lecteur doit comprendre l’étude sans lire l’intégralité du texte. Évitez les abréviations non définies et les renvois aux figures.
- Précision quantitative : Incluez au moins un chiffre central (taille d’effet, gain relatif, valeur p). « L’intervention améliore Y de +18 % (IC95 % [12 ; 24], p < 0,001) » est bien plus parlant que « L’intervention améliore significativement Y ».
- Conformité au style : Certaines revues exigent un abstract structuré avec sous-titres (Objectif, Méthodes, Résultats, Conclusion), d’autres préfèrent un bloc continu ; respectez impérativement le format demandé.
Exemple commenté
- Objectif : Évaluer l’impact d’un programme d’entraînement cognitivo-moteur (ECM) de 12 semaines sur la fonction exécutive d’adultes âgés de 65 à 75 ans.
- Méthodes : Essai contrôlé randomisé (n = 220 participants, 110 par groupe) mené dans trois centres de santé en France de janvier à juin 2025. Le groupe intervention a suivi trois séances hebdomadaires de 45 minutes d’ECM, combinant exercices aérobiques et tâches cognitives doubles. La fonction exécutive a été mesurée par le Trail Making Test (TMT) et le Stroop Test avant et après l’intervention. Les analyses ont utilisé des modèles linéaires mixtes ajustés sur l’âge, le sexe et le niveau d’éducation.
- Résultats : Comparé au groupe contrôle (amélioration au TMT : +5 %, IC95 % [2 ; 8]), le groupe ECM a montré une amélioration de +18 % du temps de complétion au TMT (IC95 % [12 ; 24], p < 0,001) et une réduction de 22 % des erreurs au Stroop Test (IC95 % [15 ; 29], p < 0,001). Aucun effet indésirable grave n’a été signalé.
- Conclusion : Cette recherche suggère qu’un programme ECM structuré apporte un bénéfice clinique modéré à court terme sur la fonction exécutive des seniors. Des essais randomisés multicentriques plus longs sont nécessaires pour confirmer la pérennité des effets et explorer les mécanismes neurologiques sous-jacents.
- Mots-clés : entraînement cognitivo-moteur ; fonction exécutive ; vieillissement ; essai contrôlé randomisé ; Trail Making Test ; Stroop Test.
- Astuce rédactionnelle : Rédigez votre résumé en dernier, après avoir finalisé toutes les sections. Vous aurez alors une vue d’ensemble claire et pourrez en extraire les éléments les plus marquants sans risquer d’omettre un résultat clé.
Pour approfondir les bonnes pratiques de rédaction d’un résumé scientifique, consultez notre guide dédié : rédiger le résumé d’un article scientifique.
Comment écrire la partie « Introduction » ?
L’introduction d’un article scientifique suit une structure en entonnoir : elle part du général (contexte large) pour aller vers le spécifique (question de recherche précise). Ce mouvement logique conduit le lecteur de l’état de l’art à la justification de votre étude.
Quatre étapes obligatoires
- Contexte général (1–2 paragraphes) : Présentez le champ disciplinaire et l’importance du problème. Citez des revues de littérature récentes ou des méta-analyses pour asseoir la légitimité du sujet.
- Identification du problème ou de la lacune (1 paragraphe) : Que reste-t-il à comprendre ? Quelles questions les études antérieures n’ont pas résolues ? Utilisez des formules claires : « Cependant, peu d’études ont examiné… », « La littérature existante présente des résultats contradictoires concernant… ».
- Question de recherche et hypothèses (1 paragraphe) : Formulez explicitement votre objectif principal et vos hypothèses opérationnelles. Une bonne question de recherche est SMART : Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement définie.
- Contribution attendue (1 paragraphe) : Expliquez en quoi votre étude comble la lacune et quelle sera sa valeur ajoutée pour la communauté scientifique.
Exemple schématique (300 mots)
Le vieillissement cognitif représente un enjeu majeur de santé publique dans les sociétés occidentales. Les interventions non pharmacologiques, notamment l’entraînement physique et cognitif, sont de plus en plus considérées comme des stratégies préventives prometteuses. Une méta-analyse récente de 42 essais randomisés (Smith et al., 2023) a montré que les programmes combinant exercice aérobique et tâches cognitives améliorent la mémoire de travail et la flexibilité mentale chez les seniors, avec une taille d’effet moyenne de d = 0,45 (IC95 % [0,32 ; 0,58]).
Cependant, la littérature présente deux limites majeures. Premièrement, la plupart des études se concentrent sur des interventions de courte durée (≤ 8 semaines), ce qui soulève des doutes sur la pérennité des bénéfices. Deuxièmement, peu de travaux ont examiné les effets différentiels selon le niveau socio-éducatif des participants, alors que l’éducation est un facteur protecteur connu du déclin cognitif.
Notre étude vise à combler ces lacunes en évaluant l’impact d’un programme d’entraînement cognitivo-moteur (ECM) de 12 semaines sur la fonction exécutive d’adultes âgés de 65 à 75 ans, stratifiés par niveau d’éducation. Nous formulons deux hypothèses : (H1) le groupe ECM montrera une amélioration supérieure à +15 % du score TMT comparé au groupe contrôle ; (H2) cette amélioration sera plus marquée chez les participants de faible niveau socio-éducatif, conformément à l’hypothèse de réserve cognitive.
Cette recherche apportera des données empiriques sur l’efficacité à moyen terme des interventions ECM et fournira des recommandations pour cibler les populations à risque. Les résultats pourront guider les politiques de prévention du déclin cognitif et orienter la conception de futures interventions à grande échelle.
Astuce rédactionnelle : L’introduction ne doit jamais anticiper les résultats ni discuter des implications. Son rôle est strictement de poser le décor. Gardez la discussion des résultats pour la section Discussion.
Rédiger la section « Matériel et Méthodes » : exemple concret
Cette partie constitue le cœur technique de votre article. Elle doit permettre à tout chercheur compétent de répliquer exactement votre étude. C’est ici que se joue la transparence scientifique : une méthode mal décrite compromet la reproductibilité et peut entraîner le rejet de votre manuscrit.
Éléments obligatoires (à adapter selon le type d’étude)
- Design d’étude : Essai randomisé contrôlé (RCT), étude observationnelle transversale ou longitudinale, étude de cohorte, revue systématique, etc. Précisez le cadre temporel et géographique.
- Participants : Critères d’inclusion et d’exclusion détaillés, procédure de recrutement, taille d’échantillon justifiée par un calcul de puissance a priori.
Exemple : « Nous avons recruté 220 adultes âgés de 65 à 75 ans via des annonces dans trois centres de santé (Lyon, Marseille, Toulouse) entre janvier et mars 2025. Critères d’inclusion : score MMSE ≥24/30, absence de pathologie neurologique diagnostiquée, consentement éclairé signé. Critères d’exclusion : antécédents d’AVC, démence diagnostiquée, incapacité à effectuer des exercices physiques modérés (validé par certificat médical). Le calcul de puissance (G*Power 3.1) indiquait qu’une taille d’échantillon de 200 (100 par groupe) était nécessaire pour détecter une différence de 15 % sur le TMT avec une puissance de 0,80 et un α=0,05. Nous avons sur-recruté de 10 % pour anticiper les abandons. »
- Matériel et instruments : Décrivez tous les outils, appareils, questionnaires, tests psychométriques utilisés. Mentionnez les références exactes, les numéros de série si pertinents, et les propriétés psychométriques (validité, fiabilité).
Exemple : « Fonction exécutive mesurée par : (a) Trail Making Test parties A et B (Reitan, 1958) ; (b) Stroop Test version informatisée (Stroop Color and Word Test, Golden, 1978). Matériel d’entraînement : tapis de course ProForm 505 CST, balles de jonglage standards (diamètre 6 cm), tablette Samsung Galaxy Tab S8 avec application cognitive Brain Trainer v2.3 (licence académique). »
- Procédures : Expliquez chronologiquement le déroulement de l’étude. Incluez la randomisation (méthode, stratification éventuelle), l’aveuglement (qui était en aveugle : participants, évaluateurs, analystes ?), l’intervention standardisée (protocole accessible dans les annexes ou via un lien vers un dépôt ouvert comme OSF).
Exemple : « Randomisation en blocs de 4, stratifiée par sexe et centre, générée par randomizer.org. Les participants ont été affectés au groupe ECM ou contrôle dans un ratio 1:1. Les évaluateurs des outcomes cognitifs étaient en aveugle quant à l’allocation. Le groupe ECM a suivi 36 sessions de 45 minutes (3 par semaine pendant 12 semaines), combinant 20 minutes d’exercice aérobique (marche rapide, 60–70 % FCmax) et 25 minutes de tâches cognitives duales (jonglage avec résolution d’énigmes verbales affichées sur tablette). Le protocole détaillé est disponible sur OSF (DOI: 10.17605/OSF.IO/XXXXX). Le groupe contrôle a reçu des consignes d’activité physique générale (recommandations OMS) sans supervision. »
- Gestion et analyse des données : Résumez la base de données (REDCap, Excel sécurisé ?), les procédures de contrôle qualité (double saisie, vérification automatique des outliers), le plan d’analyse statistique pré-enregistré.
Exemple : « Les données brutes ont été saisies dans REDCap (version 12.0), avec double saisie indépendante pour 20 % des observations afin de vérifier la concordance (taux d’accord 99,2 %). Le plan d’analyse statistique a été pré-enregistré sur ClinicalTrials.gov (NCT12345678) avant la levée de l’aveugle. Analyses principales : modèles linéaires mixtes (package lme4 en R 4.2.1) avec mesures répétées (pré-post), ajustés sur l’âge, le sexe et le niveau d’éducation. Effets fixes : groupe (ECM vs contrôle), temps (pré vs post), interaction groupe×temps. Effet aléatoire : participant. Correction de Bonferroni pour comparaisons multiples (seuil α=0,05/3=0,017). Analyses de sensibilité : imputation multiple (package mice) pour gérer les données manquantes (≤5 % des observations). »
- Considérations éthiques : Approbation du comité d’éthique, consentement éclairé, déclarations de conflits d’intérêts, financement.
Exemple : « L’étude a été approuvée par le Comité de Protection des Personnes Sud-Est III (avis n°2024-A12345-67, 15 décembre 2024). Tous les participants ont signé un consentement éclairé écrit. Aucun conflit d’intérêt n’est déclaré. Financement : Agence Nationale de la Recherche (ANR-24-CE36-0042). »
- Disponibilité des données et du code : Indiquez où accéder aux jeux de données bruts, aux scripts d’analyse, et au protocole complet. Exemple : « Les données anonymisées et le code R sont disponibles sur Zenodo (DOI: 10.5281/zenodo.1234567) sous licence CC BY 4.0. Le protocole complet et les matériels supplémentaires (questionnaires, manuels d’intervention) sont archivés sur OSF (DOI: 10.17605/OSF.IO/XXXXX). »
Astuce rédactionnelle : Pour garantir la traçabilité, mentionnez systématiquement les versions logicielles (« R 4.2.1 », « SPSS 28.0 »), les packages utilisés (« lme4 v1.1-30 », « ggplot2 v3.4.0 »), et fournissez un diagramme de flux CONSORT si c’est un essai randomisé (voir section Résultats).
Références normatives : Les standards de reporting varient selon le type d’étude. Consultez les checklists appropriées sur EQUATOR Network :
- CONSORT pour les essais contrôlés randomisés ;
- STROBE pour les études observationnelles ;
- PRISMA pour les revues systématiques et méta-analyses ;
- ARRIVE pour les études sur modèles animaux.
Ces checklists sont devenues des exigences éditoriales dans la plupart des revues à comité de lecture depuis 2023.
Exemple de rédaction de la section « Résultats »
Cette section présente les faits bruts issus de vos analyses, sans interprétation ni discussion. Son rôle est de documenter objectivement ce que vous avez observé, en vous appuyant sur des tableaux, figures et graphiques.
Les exemples de recherche et de résultats présentés sont illustratifs et ne constituent ni des conseils médicaux, ni des recommandations cliniques.
Règles de rédaction
- Ordre logique : Suivez la séquence annoncée dans Méthodes (analyses principales, puis analyses secondaires ou de sensibilité). Commencez par les caractéristiques de l’échantillon, puis les résultats primaires, enfin les résultats secondaires.
- Statistiques complètes : Pour chaque test, indiquez la valeur de la statistique (F, t, χ², etc.), les degrés de liberté, la p-valeur exacte (pas simplement « p<0,05 »), et la taille d’effet avec son intervalle de confiance à 95 %. Exemple : « L’interaction groupe×temps était significative pour le TMT-B, F(1,218)=12,45, p<0,001, η²_p=0,054, IC95 % [0,018 ; 0,102]. »
- Figures et tableaux numérotés : Chaque élément visuel doit avoir un numéro (Figure 1, Tableau 2) et une légende descriptive. Renvoyez-y explicitement dans le texte : « Comme illustré dans la Figure 2, le groupe ECM a montré… ». Les figures doivent être auto-explicatives : axes clairement labellisés, unités indiquées, légende complète.
- Pas d’interprétation : Évitez les formules comme « Ces résultats suggèrent que… » ou « Cela prouve que… ». Restez factuel. L’interprétation viendra dans Discussion.
Exemple concret (200 mots)
Sur les 220 participants randomisés, 210 ont terminé l’étude, soit un taux de rétention de 95,5 %. Les abandons étaient dus à un déménagement (n = 4), à des problèmes de santé non liés à l’intervention (n = 3) ou à un retrait de consentement (n = 3). Les groupes ne différaient pas significativement avant l’intervention (baseline) concernant l’âge (groupe ECM : moyenne = 69,2 ans, écart-type = 3,1 ; groupe contrôle : moyenne = 69,5 ans, écart-type = 3,3 ; t(218) = 0,71, p = 0,48), le sexe (ECM : 52 % de femmes ; contrôle : 48 % ; χ²(1) = 0,35, p = 0,55), ni le niveau d’éducation (χ²(2) = 1,22, p = 0,54). Le Tableau 1 présente l’ensemble des caractéristiques démographiques.
Pour le critère de jugement principal (TMT-B), le modèle linéaire mixte a révélé un effet principal du temps (amélioration globale : F(1,208) = 18,34, p < 0,001, η²_p = 0,081) et une interaction groupe × temps significative (F(1,208) = 12,45, p < 0,001, η²_p = 0,054). Le groupe ECM a réduit son temps de complétion de 18,3 % (pré-intervention : moyenne = 98,2 s, écart-type = 22,1 ; post-intervention : moyenne = 80,2 s, écart-type = 19,8 ; différence ajustée = −18,0 s, IC 95 % [−24,5 ; −11,5]), tandis que le groupe contrôle n’a montré qu’une amélioration de 5,1 % (pré : moyenne = 96,8 s, écart-type = 21,5 ; post : moyenne = 91,9 s, écart-type = 20,2 ; différence ajustée = −4,9 s, IC 95 % [−11,2 ; 1,4]). La Figure 2 illustre l’évolution pré-post par groupe.
Pour le critère secondaire (Stroop Test, nombre d’erreurs), le groupe ECM a réduit les erreurs de 22,1 % (pré : moyenne = 8,7, écart-type = 3,2 ; post : moyenne = 6,8, écart-type = 2,9 ; différence ajustée = −1,9, IC 95 % [−2,6 ; −1,2], p < 0,001), contre 9,3 % dans le groupe contrôle (pré : moyenne = 8,5, écart-type = 3,1 ; post : moyenne = 7,7, écart-type = 3,0 ; différence ajustée = −0,8, IC 95 % [−1,5 ; −0,1], p = 0,02). L’interaction groupe × temps était également significative (F(1,208) = 7,89, p = 0,005, η²_p = 0,037).
Astuce rédactionnelle : Rédigez les légendes de figures et tableaux de façon à ce qu’elles soient compréhensibles sans lire le texte principal. Un lecteur doit pouvoir saisir l’essentiel de vos résultats en survolant uniquement les visuels.
Exemple de section « Discussion » dans un article de recherche
La discussion est le lieu de l’interprétation critique. Vous y mettez vos résultats en perspective par rapport à la littérature existante, vous identifiez les forces et les limites de votre étude, et vous proposez des implications pratiques ou théoriques.
Structure recommandée (en 4–5 paragraphes) :
- Rappel du principal résultat (un paragraphe court) : Reformulez en une phrase la réponse à votre question de recherche.
Exemple : « Notre étude démontre qu’un programme ECM de 12 semaines améliore significativement la fonction exécutive chez les adultes âgés, avec un gain de 18 % au TMT-B par rapport à un groupe contrôle. »
- Comparaison avec la littérature (2 à 3 paragraphes) : Situez vos résultats par rapport aux études antérieures. Indiquez où vous confirmez les connaissances existantes et où vous divergez. Expliquez les écarts par des différences méthodologiques (taille d’échantillon, design, outils de mesure).
Exemple : « Nos résultats confirment partiellement ceux de Smith et al. (2023), qui rapportaient une amélioration de 15 % dans une méta-analyse de 42 essais. Cependant, notre effet est légèrement supérieur, probablement en raison d’une intervention plus longue (12 semaines contre 8 semaines en moyenne) et d’une standardisation plus stricte du protocole. En revanche, notre étude diverge de celle de Dupont et al. (2022), qui n’observait qu’un bénéfice marginal (d = 0,20) dans un échantillon clinique atteint de troubles cognitifs légers. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que notre population était cognitivement intacte au départ (MMSE ≥ 24), ce qui suggère que l’ECM est plus efficace en prévention primaire qu’en intervention thérapeutique. »
- Forces et limites (1 à 2 paragraphes) : Soyez transparent.
Forces : Randomisation robuste, aveuglement des évaluateurs, plan d’analyse pré-enregistré, taux de rétention élevé (95,5 %), disponibilité des données brutes.
Limites : Taille d’échantillon modeste (n = 210), durée de suivi limitée (12 semaines sans mesure à 6 ou 12 mois), biais de sélection potentiel (volontaires, niveau socio-économique majoritairement moyen), données auto-déclarées pour certaines variables (activité physique de base), absence de mesure des biomarqueurs neurologiques (IRMf, EEG). Expliquez comment ces limites affectent la généralisabilité ou l’interprétation causale.
Exemple : « L’absence de suivi à long terme limite notre capacité à affirmer que les bénéfices persistent après l’intervention. Des études longitudinales sont nécessaires pour évaluer si l’amélioration cognitive se maintient à 6 et 12 mois, et si elle se traduit par des bénéfices fonctionnels au quotidien (autonomie, qualité de vie). »
Implications pratiques et perspectives de recherche (1 paragraphe) : Que signifient vos résultats pour la pratique clinique, les politiques publiques ou la théorie ? Quelles questions ouvrent-ils pour de futures études ?
Exemple : « Nos résultats suggèrent que les programmes ECM standardisés pourraient être intégrés dans les parcours de prévention du déclin cognitif proposés par les centres de santé communautaires. Les chercheurs devraient prioritairement cibler des sous-groupes à risque (faible niveau socio-éducatif, sédentaires), tester des durées d’intervention plus longues (24 semaines) et explorer les mécanismes neurologiques sous-jacents par imagerie cérébrale fonctionnelle. Des essais randomisés multicentriques à grande échelle (n > 500) sont nécessaires pour confirmer ces résultats et établir des recommandations de santé publique fondées sur des preuves robustes. »
Astuce rédactionnelle : Évitez la surinterprétation. Ne prétendez pas démontrer une relation causale si votre design est observationnel. N’extrapolez pas au-delà de votre population d’étude. Utilisez un langage prudent : « suggère », « indique », « est cohérent avec », plutôt que « prouve » ou « démontre de manière irréfutable ».
Comment rédiger une conclusion efficace ?
La conclusion d’un article scientifique doit être brève et synthétique (150–250 mots). Elle répond en une ou deux phrases à votre question de recherche initiale, rappelle l’apport principal de l’étude, et propose une ouverture vers les implications pratiques ou les recherches futures.
Trois règles d’or
- Réponse directe : Reformulez clairement le résultat clé.
Exemple : « Cette étude démontre qu’un programme d’entraînement cognitivo-moteur de 12 semaines améliore la fonction exécutive chez les adultes âgés de 65 à 75 ans, avec un gain cliniquement pertinent de 18 % sur le temps de complétion du Trail Making Test partie B. » - Rappel de l’apport : En quoi votre recherche fait-elle avancer le champ ?
Exemple : « Ces résultats comblent une lacune de la littérature en fournissant des données empiriques sur l’efficacité à moyen terme des interventions combinées, et en documentant l’effet différentiel selon le niveau socio-éducatif. » - Ouverture pratique : Que doivent faire les chercheurs, cliniciens ou décideurs avec cette information ?
Exemple : « Les professionnels de santé peuvent intégrer l’ECM dans les programmes de prévention du vieillissement cognitif. Les chercheurs devraient confirmer ces résultats par des essais randomisés multicentriques à plus long terme, et explorer l’implémentation en contexte communautaire pour maximiser l’accessibilité. »
Exemple de conclusion (180 mots)
Cette étude montre qu’un programme d’entraînement cognitivo-moteur structuré de 12 semaines améliore significativement la fonction exécutive chez des adultes âgés cognitivement intacts, avec un bénéfice de 18 % sur le TMT-B et de 22 % sur la réduction des erreurs au Stroop Test. Ces gains sont cliniquement pertinents et supérieurs à ceux observés dans des interventions plus courtes rapportées dans la littérature. Notre recherche apporte des preuves empiriques que les interventions combinées aérobie-cognitives sont efficaces en prévention primaire du déclin cognitif, et que leur effet peut être modulé par le niveau socio-éducatif initial.
Les implications sont doubles. D’une part, les centres de santé communautaires peuvent proposer l’ECM comme stratégie de prévention fondée sur des preuves, ciblant en priorité les populations à risque (faible éducation, sédentarité). D’autre part, les chercheurs doivent répliquer ces résultats à plus grande échelle (n>500, essais multicentriques) et évaluer la pérennité des bénéfices à 6 et 12 mois. Des études longitudinales intégrant des biomarqueurs neurologiques (IRMf, EEG) permettraient de mieux comprendre les mécanismes cérébraux sous-jacents et d’optimiser les protocoles d’intervention.
Astuce rédactionnelle : La conclusion n’est pas un résumé de l’abstract. Elle doit offrir une perspective nouvelle en mettant l’accent sur les implications et l’avenir, plutôt que de répéter mécaniquement les résultats.
Exemple de bibliographie : formats et citations (APA, MLA)
La bibliographie (ou références) liste tous les articles, livres, rapports et autres sources citées dans votre texte. Elle doit être exhaustive, cohérente et vérifiable. Chaque entrée doit permettre au lecteur de retrouver la source originale, d’où l’importance d’inclure les DOI (Digital Object Identifiers) pour les articles scientifiques.
Les deux styles de citation les plus courants dans les sciences humaines et biomédicales sont APA (7e édition, 2020) et MLA (9e édition, 2021). Les sciences exactes utilisent parfois d’autres formats (Vancouver, Chicago), mais APA et MLA restent les références académiques dominantes en 2026.
Format APA 7e édition
Structure générale : Auteur(s). (Année). Titre de l’article. Titre de la revue, Volume(Numéro), Pages. DOI ou URL
Exemples :
- Article de revue avec DOI :
Dupont, A., & Martin, B. (2023). Impact of cognitive-motor training on executive function in older adults. Journal of Aging Research, 12(3), 145–160. https://doi.org/10.1016/j.jar.2023.03.012
- Article de revue sans DOI (URL stable) :
Chen, C. (2022). Advanced statistical methods for neuroimaging data. Computational Neuroscience Review, 8(1), 1–15. https://www.example.com/articles/chen2022
- Chapitre de livre :
Stern, Y. (2022). Cognitive reserve and aging. In L. Bäckman & L. Nyberg (Eds.), Memory, aging and the brain (pp. 145–162). Psychology Press. https://doi.org/10.4324/9781315782294-8
- Rapport institutionnel :
Organisation mondiale de la santé. (2024). Rapport mondial sur le vieillissement et la santé. OMS. https://www.who.int/publications/i/item/WHO-FWC-ALC-15.01
Règles APA :
- Auteurs : jusqu’à 20 auteurs listés ; au-delà, lister les 19 premiers, puis « … » et le dernier auteur.
- Italiques : titre de la revue et volume uniquement (pas le titre de l’article).
- DOI : toujours privilégier le DOI si disponible, sous forme d’URL complète (https://doi.org/xxx).
- Références dans le texte : (Dupont & Martin, 2023) pour deux auteurs ; (Dupont et al., 2023) pour trois auteurs ou plus.
Format MLA 9e édition
Structure générale : Auteur(s). « »Titre de l’article. » » Titre de la revue, vol. Volume, no. Numéro, Année, pp. Pages. DOI ou URL.
Exemples :
- Article de revue avec DOI :
Dupont, A., and B. Martin. « »Impact of Cognitive-Motor Training on Executive Function in Older Adults. » » Journal of Aging Research, vol. 12, no. 3, 2023, pp. 145–160. DOI: 10.1016/j.jar.2023.03.012.
- Article de revue sans DOI :
Chen, C. « »Advanced Statistical Methods for Neuroimaging Data. » » Computational Neuroscience Review, vol. 8, no. 1, 2022, pp. 1–15. www.example.com/articles/chen2022.
- Chapitre de livre :
Stern, Y. « »Cognitive Reserve and Aging. » » Memory, Aging and the Brain, edited by L. Bäckman and L. Nyberg, Psychology Press, 2022, pp. 145–162.
- Site web institutionnel :
World Health Organization. Global Report on Ageing and Health. WHO, 2024, www.who.int/publications/i/item/WHO-FWC-ALC-15.01. Accessed 10 Jan. 2026.
Règles MLA :
- Guillemets : titre de l’article entre guillemets ; titre de la revue en italiques.
- Ponctuation : virgules après chaque élément (auteur, titre, revue, volume).
- Date d’accès : obligatoire pour les sources en ligne (« Accessed 10 Jan. 2026 »).
- Références dans le texte : (Dupont and Martin 145) pour indiquer la page citée.
Conseils pratiques
- Prioriser les DOI : ils sont permanents et résolvent automatiquement vers la source, même si l’URL change.
- Utiliser un gestionnaire de références : Zotero (gratuit, open source), Mendeley (freemium), EndNote (payant) automatisent le formatage et réduisent les erreurs.
- Vérifier la cohérence : toutes les citations dans le texte doivent figurer dans la bibliographie, et vice-versa. Un logiciel de vérification (par exemple, le plugin Zotero pour Word) peut détecter les incohérences.
- Citer la littérature récente : dans les domaines dynamiques, privilégiez les sources des 5 dernières années pour montrer que votre recherche est à jour.
Ressources officielles :
- Guide APA 7e édition : apastyle.apa.org
- Guide MLA 9e édition : style.mla.org
- Système DOI et CrossRef : doi.org, crossref.org
De l’abstract à la conclusion, notre équipe vous aide à corriger le style, renforcer l’argumentation et aligner votre texte sur les exigences des revues scientifiques.
Comment distinguer un article de vulgarisation scientifique d'un article scientifique ?
Un article de vulgarisation scientifique diffère fondamentalement d’un article académique par son objectif et son public. Alors que celui de recherche s’adresse aux pairs (experts dans la discipline) et vise à documenter des résultats originaux avec une méthodologie rigoureuse, l’article de vulgarisation traduit ces connaissances en un langage accessible au grand public. Il répond aux questions « Pourquoi est-ce important ? » et « Qu’est-ce que cela change pour moi ? », plutôt qu’à « Comment avez-vous mesuré cela ? » et « Quelle est la p-valeur ? ».
Pour mieux comprendre comment analyser les différents types d’articles, consultez notre guide sur faire une analyse d’un article scientifique.
Exemple d’article de vulgarisation (200 mots)
Comment un programme d’entraînement simple peut booster votre mémoire après 60 ans ?
Vous arrive-t-il d’oublier où vous avez posé vos clés ? Avez-vous du mal à suivre une conversation dans un environnement bruyant ? C’est normal : après 65 ans, les fonctions exécutives (attention, mémoire de travail, planification) ralentissent naturellement. Une étude française récente apporte une bonne nouvelle : un programme combinant exercice physique et défis cognitifs peut améliorer ces capacités.
Pendant 12 semaines, 220 seniors en bonne santé ont suivi trois séances hebdomadaires de 45 minutes (20 minutes de marche rapide, 25 minutes d’exercices cognitifs comme le jonglage ou des énigmes). Résultat : leur vitesse de traitement mental a augmenté de 18 %, mesurée par le Trail Making Test. Les bénéfices sont apparus dès les premières semaines, sans effet secondaire.
« L’effet est maximal chez les personnes ayant le moins d’avantages éducatifs, souligne la Dre Aline Martin, co-autrice. Cela prouve que notre cerveau reste plastique toute la vie. » Les chercheurs préparent un essai à plus grande échelle sur 12 mois. En attendant, bouger et réfléchir reste gagnant.
Ce texte fait environ 130 mots (contre 220 dans l’original). Il est plus concis, plus direct, et chaque information y est unique et utile pour l’étudiant.
👉 Lire l’étude complète (en anglais) | Télécharger le guide pratique « 10 exercices pour votre cerveau »
Bonnes pratiques de vulgarisation
- Citer la source originale : toujours inclure un lien vers l’article académique pour que les lecteurs curieux puissent approfondir.
- Éviter le sensationnalisme : ne surinterpréter aucun résultat. Si l’étude montre une corrélation, ne parlez pas de causalité (« X pourrait contribuer à Y » plutôt que « X cause Y »).
- Expliquer l’incertitude : mentionner les limites de l’étude (« Cette recherche portait sur 220 personnes ; d’autres travaux sont nécessaires pour confirmer »).
- Utiliser des encadrés pédagogiques : « À retenir », « Le saviez-vous ? », « Questions fréquentes » pour structurer l’information.
- Proposer des ressources pour aller plus loin : liens vers des revues grand public, podcasts scientifiques, vidéos YouTube de chercheurs.
Comment présenter un article scientifique ? Structure et exemple de diapositives
Présenter un article scientifique lors d’une conférence, d’un séminaire ou d’une soutenance de thèse exige de condenser l’essentiel en un temps limité (généralement 10 à 20 minutes). L’objectif n’est pas de réciter l’article ligne par ligne, mais de raconter une histoire logique qui capte l’attention et transmet les messages clés.
Plan recommandé pour une présentation de 10–12 slides (durée : 15 minutes + 5 minutes de questions)
- Slide 1 : Titre et affiliation
- Titre complet de l’article
- Auteurs avec affiliations
- Logo de l’institution, date de la présentation
- QR code vers le preprint ou le dépôt de données (optionnel mais apprécié)
- Slide 2 : L’article en 1 slide (résumé visuel)
- Question de recherche (1 phrase)
- Design et échantillon (1 phrase)
- 2 chiffres clés (ex : « +18 % d’amélioration TMT-B, p<0,001 »)
- Conclusion (1 phrase)
- Slide 3 : Contexte et problématique
- 1–2 graphiques montrant l’ampleur du problème (ex : courbe du vieillissement démographique en France)
- Citation d’une méta-analyse récente pour situer le sujet
- Identification de la lacune : « Cependant, peu d’études ont… »
- Slide 4 : Question de recherche et hypothèses
- Formuler clairement l’objectif principal (police large, texte court)
- Lister les hypothèses (H1, H2) avec icônes visuelles (check, flèche montante
- Slide 5 : Méthodes (Design)
- Schéma du protocole : timeline de l’étude (recrutement → randomisation → intervention → mesures post)
- Mentionner n, groupes, durée
- Éviter les détails techniques excessifs (gardez-les pour les annexes)
- Slide 6 : Méthodes (Outils et procédures)
- Photo ou icône des instruments (tapis de course, tablette cognitive)
- Flowchart du protocole d’intervention (« 3 sessions/semaine × 12 semaines »)
- Indications sur le pré-enregistrement et la disponibilité des données (« Protocole sur OSF, DOI: xxx »)
- Slide 7 : Résultats (Diagramme de flux CONSORT)
- Schéma visuel du recrutement, de la randomisation, des abandons
- Indiquer n à chaque étape
- Slide 8 : Résultats (Outcome primaire)
- Graphique en barres ou courbes montrant l’évolution pré-post pour les deux groupes
- Annotations des valeurs p, IC95 %, taille d’effet
- Légende claire, axes lisibles même au fond de la salle
- Slide 9 : Résultats (Outcomes secondaires)
- Tableau compact ou graphique supplémentaire
- Mettre en avant les résultats significatifs, signaler les non-significatifs sans les ignorer
- Slide 10 : Discussion (Comparaison avec la littérature)
- 2–3 puces : « Nos résultats confirment X », « Ils divergent de Y », « Explication possible : Z »
- Citer 2–3 articles clés avec auteurs et années
- Slide 11 : Forces et limites
- Colonne gauche : Forces (randomisation, aveuglement, données ouvertes)
- Colonne droite : Limites (taille d’échantillon, suivi court, généralisation)
- Slide 12 : Conclusion et perspectives
- Réponse en 1 phrase à la question de recherche
- Implications pratiques (« Les centres de santé peuvent… »)
- Appel à action pour futurs chercheurs (« Essais multicentriques requis »)
- QR code vers les données, le preprint, ou un site web du projet
Conseils de design visuel
- Polices lisibles : Arial ou Helvetica, taille ≥24 pt pour le texte, ≥36 pt pour les titres.
- Contraste élevé : fond clair (blanc, crème) et texte sombre (noir, gris foncé), ou inversement (fond sombre, texte clair) si l’éclairage est faible.
- Une idée par slide : ne surchargez pas ; si vous avez besoin de deux graphiques, utilisez deux slides.
- Légendes auto-explicatives : un membre du public doit comprendre un graphique sans votre explication orale.
- Indicateurs statistiques : afficher n, p, IC95 % directement sur les graphiques (pas dans le texte de la slide).
- Animations sobres : évitez les transitions tape-à-l’œil ; privilégiez les apparitions progressives (« fade in ») pour ne pas distraire.
Astuces pour gérer le temps
- Répétez votre présentation à voix haute en vous chronométrant. Visez 1 minute par slide (10 slides = 10 minutes).
- Préparez un slide de backup avec les détails méthodologiques ou les analyses de sensibilité, à afficher uniquement si une question précise est posée.
- Intégrez un QR code sur le slide final pour que le public puisse accéder immédiatement au preprint, au dépôt de données, ou à un résumé en ligne.
Guide de soumission et révision
Une fois votre manuscrit rédigé, vous devez le soumettre à une revue scientifique. Ce processus comprend plusieurs étapes critiques : choix de la revue, rédaction d’une lettre de soumission (cover letter), et gestion des commentaires de révision.
1) Choisir la revue appropriée
Sélectionner la bonne revue maximise vos chances d’acceptation et assure que votre travail atteindra l’audience pertinente. Critères de choix :
- Portée (scope) : La revue publie-t-elle des articles dans votre domaine ? Consultez les « Aims and Scope » sur le site de la revue.
- Facteur d’impact et quartile : Utilisez Journal Citation Reports (Clarivate) ou Scimago Journal Rank (SJR) pour évaluer la réputation. Les revues Q1 (premier quartile) sont les plus compétitives.
- Politique éditoriale : La revue est-elle en accès libre (open access) ou par abonnement ? Quels sont les frais de publication (Article Processing Charges, APC) ?
- Politiques sur les données : Exige-t-elle le dépôt de données brutes dans un répertoire public (Zenodo, Dryad) ?
- Temps de révision : Certaines revues affichent leur temps moyen de premier retour (« Time to first decision »). Privilégiez celles qui garantissent un processus rapide si vous avez des contraintes de temps.
Astuce : Soumettez à une seule revue à la fois (double soumission = violation éthique grave, pouvant entraîner un blacklistage).
2) Rédiger une lettre de soumission
La lettre de soumission ou cover letter accompagne votre manuscrit et doit convaincre l’éditeur que votre article mérite d’être envoyé en révision..
Structure recommandée
- En-tête : vos coordonnées (nom, affiliation, email), date, coordonnées de l’éditeur en chef (si connues).
- Paragraphe d’introduction (2–3 phrases) :
- Titre complet de l’article ;
- Déclaration d’originalité (« Nous soumettons à votre considération un article de recherche original intitulé… ») ;
- Type d’article (« article de recherche original », « revue systématique », « étude de cas »).
- Paragraphe de justification (5–7 phrases) :
- Résumé de l’objectif principal et des résultats clés (3–4 chiffres marquants) ;
- Pourquoi votre article convient à cette revue (mentionnez l’adéquation avec le scope, citez un article récent de la revue sur un thème similaire) ;
- Originalité et apport (« Notre étude est la première à… », « Ces résultats comblent une lacune importante en… »).
- Déclarations obligatoires (1–2 phrases chacune) :
- Approbation éthique (« Cette recherche a été approuvée par [nom du comité], référence [numéro] ») ;
- Consentement éclairé (« Tous les participants ont signé un consentement éclairé écrit ») ;
- Conflits d’intérêts (« Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts ») ;
- Financement (« Cette recherche a été financée par [agence, numéro de contrat] ») ;
- Disponibilité des données (« Les données et le code d’analyse sont disponibles sur [dépôt, DOI] »).
- Conclusion (1 phrase) :
- Remerciement pour la considération ;
- Indication de votre disponibilité pour révisions (« Nous restons à votre disposition pour toute révision »).
Exemple de cover letter (300 mots)
Dr. Jean Dupont
Laboratoire de Neurosciences Cognitives, Université de Lyon
jean.dupont@univ-lyon.fr
15 janvier 2026
Professeur Marie Martin
Rédactrice en chef
European Journal of Cognitive Neuroscience
Chère Professeure Martin,
Nous soumettons à votre considération un article de recherche original intitulé « Impact of a 12-week Cognitive-Motor Training Program on Executive Function in Community-Dwelling Older Adults: A Randomized Controlled Trial » pour publication dans European Journal of Cognitive Neuroscience.
Notre étude randomisée contrôlée (n=220 participants, 65–75 ans) démontre qu’un programme d’entraînement cognitivo-moteur structuré de 12 semaines améliore significativement la fonction exécutive, avec une réduction de 18 % du temps de complétion du Trail Making Test partie B (IC95 % [12 ; 24], p<0,001) et une diminution de 22 % des erreurs au Stroop Test. Ces résultats sont particulièrement marqués chez les participants de faible niveau socio-éducatif, confirmant l’hypothèse de réserve cognitive. À notre connaissance, c’est la première étude européenne à examiner cet effet différentiel avec un protocole standardisé et un suivi rigoureux à 12 semaines.
Nous pensons que cet article convient parfaitement au scope de votre revue, notamment à la section « Interventions cognitives et prévention du déclin ». L’article récent de Bäckman et al. (2025, vol. 18, n°2) sur les mécanismes de plasticité cérébrale chez les seniors est directement complémentaire à nos résultats. Notre recherche apporte des données empiriques robustes qui peuvent guider les politiques de santé publique et les futures interventions à grande échelle.
Cette recherche a été approuvée par le Comité de Protection des Personnes Sud-Est III (avis n°2024-A12345-67). Tous les participants ont signé un consentement éclairé écrit. Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts. Le financement provient de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR-24-CE36-0042). Les données anonymisées et le code R sont disponibles sur Zenodo (DOI: 10.5281/zenodo.1234567) sous licence CC BY 4.0.
Nous restons à votre disposition pour toute révision et vous remercions de considérer notre manuscrit.
Cordialement,
Dr. Jean Dupont et co-auteurs
3) Réviser efficacement et échanger avec les relecteurs
Après soumission, votre manuscrit passe par peer-review (généralement 2 à 4 relecteurs indépendants). Trois issues possibles :
- Accepté sans révision (rare, <5 % des cas) ;
- Révisions mineures (corrections de forme, clarifications) : délai de réponse est de 2–4 semaines ;
- Révisions majeures (modifications méthodologiques, analyses supplémentaires) : délai est de 1–3 mois ;
- Rejet : vous pouvez soumettre ailleurs après avoir pris en compte les critiques constructives.
Comment répondre aux relecteurs ?
- Document structuré : Créez un tableau avec trois colonnes :
- Commentaire du relecteur (verbatim) ;
- Votre réponse (explication, justification, ou acceptation) ;
- Changements apportés (page, ligne, numéro de révision).
- Ton respectueux : Même si un commentaire vous semble injuste, répondez avec courtoisie. « Nous remercions le relecteur pour cette remarque pertinente. »
- Point par point : Adressez chaque commentaire, même minime. Si vous refusez une modification, justifiez avec des arguments scientifiques (« Nous avons choisi de conserver le modèle X car… »).
- Mettre en évidence les changements : Dans le manuscrit révisé, utilisez la fonction « Suivi des modifications » (Track Changes) ou colorez les passages modifiés en jaune.
- Analyses supplémentaires : Si un relecteur demande une analyse de sensibilité ou un test statistique supplémentaire, intégrez-le et mentionnez-le dans votre réponse (« Nous avons ajouté une analyse par sous-groupes, présentée en Tableau S3 des matériels supplémentaires »).
Exemple de réponse à un commentaire
Commentaire du Relecteur 2 : « Les auteurs devraient clarifier comment ils ont géré les données manquantes. L’imputation multiple est mentionnée mais non détaillée. »
Réponse : Nous remercions le relecteur pour cette remarque. Nous avons effectivement utilisé l’imputation multiple (package mice en R 4.2.1) pour gérer les données manquantes (<5 % des observations). Nous avons ajouté un paragraphe détaillé dans la section Méthodes (page 8, lignes 245–252) décrivant la procédure : 50 jeux de données imputés, modèle prédictif incluant toutes les covariables, pooling des résultats selon les règles de Rubin (1987). Les résultats des analyses de sensibilité (comparaison cas complets vs imputation) sont présentés dans le Tableau S4 des matériels supplémentaires.
Changements apportés : Section Méthodes, page 8, lignes 245–252 ; Tableau S4 ajouté aux Supplementary Materials.
Versionner votre manuscrit : Lors des révisions successives, nommez vos fichiers de manière claire (« Manuscript_v1_submitted.docx », « Manuscript_v2_revised.docx ») pour éviter toute confusion.
Références normatives
- ICMJE Recommendations : Guidelines pour la conduite, le reporting et la publication de travaux académiques
- COPE Guidelines : Lignes directrices sur l’éthique éditoriale et la gestion des conflits
FAQ
Combien de mots pour un résumé IMRaD ?
Le résumé IMRaD compte généralement entre 150 et 250 mots, mais cela varie selon les revues. L’APA recommande 150–250 mots, certaines revues Nature limitent à 150 mots, et PLOS accepte jusqu’à 300 mots pour certaines catégories. Consultez toujours les instructions aux auteurs, car le non-respect de cette limite peut entraîner un rejet immédiat.
Comment éviter le plagiat dans un article scientifique ?
Citez systématiquement toute idée ou donnée non originale. Utilisez des guillemets pour les citations textuelles, en indiquant la page. Paraphrasez correctement en reformulant avec vos propres mots, sans simple substitution de synonymes. Utilisez un détecteur de plagiat (Turnitin, iThenticate) pour viser un taux de similarité <10 %. Évitez l’auto-plagiat : citez vos propres travaux antérieurs si vous les réutilisez.
Pour plus d’informations sur les bonnes pratiques de citation de source pour un mémoire, consultez notre guide dédié.
Dois-je pré-enregistrer mon plan d'analyse ?
Oui, si possible. Le pré-enregistrement (par exemple sur OSF, ClinicalTrials.gov, AsPredicted.org) documente vos hypothèses et votre plan d’analyse avant de voir les données. Cela réduit le risque de HARKing (Hypothesizing After Results are Known) et renforce la transparence. De plus en plus de revues l’exigent pour les essais randomisés et certaines études observationnelles.
Puis-je publier un preprint avant la révision par les pairs ?
Oui, et cette pratique est encouragée. Les serveurs de preprints comme bioRxiv, medRxiv, arXiv ou SSRN permettent de diffuser votre manuscrit avant acceptation officielle. Les avantages incluent une diffusion rapide, l’obtention d’un DOI provisoire, un feedback précoce et la preuve de priorité. Vérifiez néanmoins la politique de votre revue cible, car la plupart autorisent les preprints sans problème.
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